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Pâturage mixte

Eleveur « mixte » et concours de races, gestion mode d’emploi

Le Sommet de l’Elevage de Cournon-en-Auvergne (63) est le « premier rendez-vous européen des professionnels de l’élevage », « une vitrine exceptionnelle du savoir-faire français en matière de production animale et le rendez-vous incontournable des professionnels de l’agro-fourniture et du machinisme agricole », connu à échelle internationale.

Avec 2000 animaux et 70 races différentes présentes, les éleveurs de bovins, ovins ou équins principalement, sont fiers de présenter leurs animaux tant en concours de races et d’excellence que devant le public. Les Concours se succèdent pour chacune des espèces tout au long des 3 jours que dure le Sommet, et les espaces dédiés attirent un public chaque fois plus nombreux et intéressé.

Ces concours de races sont aussi l’occasion d’évoquer les filières et les évolutions avec les éleveurs. Le marché étant fluctuant selon les races, il est intéressant de pouvoir faire le point sur le fonctionnement et les projets de chacun.

Certains de ces éleveurs pratiquent l’élevage mixte. C’est-à-dire qu’ils élèvent des espèces différentes sur leur exploitation et les font pâturer ensemble tout au long des saisons. Il y a donc, et cela depuis des générations d’éleveurs, des chevaux et des vaches (principalement) qui évoluent ensemble sur les pâtures.

Ce mode de fonctionnement apporte une meilleure gestion des ressources végétales grâce aux différences de sélections alimentaires des espèces. Faire cohabiter des bovins et des équins crée des interactions, permet de limiter les zones de refus et réduit le parasitisme. Par exemple, si le cheval préfère les petites pousses, le bovin sera friand des herbes plus matures. Les déplacements sont aussi facilités car les bovins suivent les chevaux ce qui rend le passage d’une pâture à l’autre plus sereine et plus calme. L’agriculteur limite donc l’usage du broyeur, la pousse et l’entretien de ses pâtures étant régulés par la gestion de cette mixité d’espèces. Des études ont été menées par l’IFCE notamment, attestant de ce fonctionnement, de son utilité dans le temps, du bien-être des animaux, et de la gestion des agriculteurs ainsi que l’apport nutritif pour les sols.

Cette pratique existe depuis longtemps, Thierry Jamot se souvient que son père et son grand-père le pratiquaient déjà dans les années 1950. Cet éleveur de chevaux de trait Ardennais a repris la ferme familiale et évolue désormais avec son fils. Installés sur 152 hectares, ils y élèvent leurs chevaux (8 juments, 1 étalon et leurs produits) et des charolaises (env. 160 bovins).

Il y a quelques années, Thierry est venu présenter ses animaux en concours au Sommet de l’Elevage, équins d’un côté, bovins de l’autre. Il a choisi depuis de venir avec une seule espèce, et reconnaît qu’une participation mixte aux concours est difficile à gérer et demande beaucoup de travail tant sur place qu’en amont.

Frédéric Taillon a lui aussi repris la ferme familiale de 10 hectares. Ses parents avaient déjà des chevaux de trait Comtois en complément d’un élevage de Charolaises. Aujourd’hui il poursuit l’élevage équin (env. 30 comtois) et bovin (85 vaches allaitantes charolaises). Frédéric ne présente plus de bovins en concours non plus, cela demandait beaucoup de temps et de personnes pour gérer les bêtes. Son objectif est même de réduire un peu le cheptel charolais en faveur du développement de l’élevage équin, il a beaucoup de demandes de chevaux d’attelage, de reproductrices ou de poulains en vente directe (filière boucherie).

Les 2 éleveurs précisent que le Sommet de l’Elevage est une vitrine pour valoriser leurs produits et se faire connaître.

Aujourd’hui, et bien qu’existant depuis longtemps, la mixité d’élevage et le pâturage mixte sont appliqués par de nombreux éleveurs équins dans les différentes régions de France. Les objectifs sont aussi de prévoir la mise en place de ce fonctionnement auprès des jeunes agriculteurs en cours d’installation sur des exploitations et d’amener des juments pour développer la production et la vente de poulains. La mixité d’élevage constitue aussi un projet de conservation du patrimoine national que sont les races de chevaux de trait français.

 

Lien pour plus de photos : https://www.jingoo.com/client/key/3d9b25/a7f45252/

Pour en savoir plus : https://www.energie-cheval.fr/menu-secondaire/mediatheque/cheval-dans-la-ville/references-technico-economiques/

Contacts :

Frédéric TAILLON

Eleveur Chevaux de Trait Comtois et Vaches Charolaises

Allier

06 15 38 03 36

 

Thierry JAMOT

Eleveur de Chevaux de Trait Ardennais et Vaches Charolaises

Centre Creuse

06 70 80 46 45

 

PHOTOS ET TEXTE : Aurore LEGAY

Paturâge mixte – Sabots Magazine #93

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